C’est l‘histoire d’une rencontre, « LA » rencontre qui change une
vie, une histoire d’amour bien sûr, de passion, de découverte, de soi, de
l’autre.
Dès les premières images, le spectateur regarde Adèle de près, la caméra se
place à quelques centimètres de son visage, si bien, que l’on distingue
parfaitement ses expressions, on voit tout, on ressent tout avec elle. Son grain
de peau n’aura plus de secret pour nous à la fin des trois heures de film. Et
cela fonctionne, on se sent proche, on s’attache à elle au fil des minutes, elle
nous touche.
Léa Seydoux, Emma
dans le film, est plus lointaine me semble t’il, second rôle fort mais distant,
son personnage est abordé différemment, on l’observe seulement avec les yeux d’Adèle.
Plus que l’homosexualité, ce film aborde plusieurs problématiques comme la
vie de couple, la différence de milieu d’appartenance (une différence qui va malheureusement peser dans la balance défavorablement) et puis le chagrin
d’amour, la perte, le vide.
On pourrait regretter que certaines scènes d’ébats amoureux soient trop
longues, n’amenant finalement rien
de plus au propos. Le cinéaste a peut-être voulu insister sur la découverte des corps, le charnel, la jouissance dans toute sa splendeur.
Malgré les polémiques entendues ici ou là dans la presse, j’ai trouvé la
caméra de ce réalisateur bienveillante, sublimant les deux actrices, sans
artifice, toujours au plus près de la vérité.
Cette histoire on y croit, on
est dedans, du début à la fin. C’est beau, dur, cru, vrai, heureux, triste,
intense, un film au sommet.